Le management ne se réduit pas à celui des entreprises

Les mensonges et les non-dits de l’économie comme de la politique ont toujours existé. Ils consistent à afficher une image positive de leurs activités en toute circonstance, seule façon de préserver leur influence et de se maintenir au pouvoir. Face à de tels écrans de fumée, nous nous devons de rester vigilants dans nos analyses et nos démonstrations. La politique et l’économie de marché sont nécessaires au maintien de la paix et de nos niveaux de evaluationvie, mais la roue tourne ! Ce qui était valable hier ne l’est pas forcément aujourd’hui. Sans manichéisme, nous pensons que le privé et le public peuvent être complémentaires, à condition qu’ils ne se croient pas au-dessus de tous soupçons et de toutes incertitudes en parvenant à concevoir des cartels ou des monopoles indéboulonnables. Peter Drucker affirmait que le management ne se réduit pas exclusivement à celui des entreprises. Il est d’ailleurs en diminution dans l’activité marchande et en augmentation dans le secteur social non lucratif, parce que celui-ci a besoin de lui pour être plus efficace : « Le management est l’organe spécifique et distinctif de toute organisation », disait-il (l’avenir du management, Village mondial 1999).

Nous estimons que la défense de l’emploi ne se résume pas au culte de l’État et à la défense obligée d'un secteur public inamovible, à l’abri de l’économie de marché. Nombreux sont les "services publics ou d'intérêt public" gérés par des entreprises publiques ou des structures privées (associations, mutuelles, coopératives, fondations ou entreprises). Ces services sont présents dans plusieurs secteurs d'activité: les banques, les assurances, le sport, le sanitaire et social, la santé, l’éducation, l’enseignement supérieur, la recherche, la culture, les loisirs, le tourisme, l’environnement, les transports, le logement, l'économie sociale et solidaire, mais aussi l’emploi, la formation professionnelle et l’insertion (1)… Ce modèle de fonctionnement a fait ses preuves avec plus ou moins de bonheur et existe aussi à l’étranger. A l'instar d'un organisme public, une structure privée n’est pas exempte de reproches et de carences. Elle a simplement conscience, si elle est bien gérée, que sa présence n’a rien d’essentiel, ni de définitif, en particulier lorsqu'elle compare ses coûts et la qualité de ses services. Même lorsque la concurrence s'avère limitée ou nulle, elle ne peut pas vivre de manière permanente de déficits. Hélas, en France, des exceptions démontrent le contraire: la survie de certaines entreprises et de plusieurs services publics repose depuis trop longtemps sur les bonnes grâces des hommes politiques et surtout sur celles des contribuables. Cette faiblesse "structurelle", comme disent les économistes, n'empêche pas les conflits sociaux à répétition avec les syndicats, durant lesquels les décideurs publics démontrent (dans la plupart des cas) leur incapacité à réformer, notamment à revenir sur leurs erreurs passées ou celles de leurs prédécesseurs.

Efficience Emploi le, 30 septembre 2013

(1) Depuis la crise financière de 2008, la solvabilité des banques et des établissements de crédit n'est plus tout à fait certaine...