Entretien avec Sylvie Lavisse, directrice de FREE Compétences

Sylvie Lavisse est titulaire d’un doctorat en psychologie sociale. Selon ses propres mots, "elle est rentrée dans le domaine de la formation professionnelle par hasard." Très vite, elle est devenue responsable de formation pour les jeunes après avoir suivi un stage en entreprise au sein du service formation de l’Aérospatiale. Cette première expérience lui a permis de prendre conscience que la pédagogie et la formation l’intéressaient. Depuis 26 ans maintenant, elle dirige l’organisme de formation FREE Compétences. Un engagement singulier au service des publics les plus en difficulté qu'elle se propose de nous relater en répondant à nos questions.

Efficience Emploi : Madame Lavisse, merci de nous recevoir dans vos locaux. Pouvez-vous, s’il vous plait, nous présenter brièvement votre structure ?

Sylvie Lavisse : Suite à un conflit avec mon ancien employeur, nous avons décidé avec une amie de créer notre propre centre de formation, une structure correspondant à nos valeurs. En 1989, nous n’avions pas un sou, mais l’envie d’agir et de bien faire. FREE veut dire : Formation pour le Reclassement et l’Emploi en Entreprise. FREE Compétences aura 27 ans d’existence en février 2016. Son rayonnement est régional. Un moment, il a été national, mais aujourd’hui, nous sommes implantés principalement en région parisienne, dans l’Essonne, les Yvelines et le Val de Marne. Nous avons eu des antennes à Marseille et à Bordeaux et nous allons peut-être en ouvrir une en Picardie. Cela dépend des marchés que nous remportons sur nos concurrents. Nous sommes 80 salariés, cela représente à peu près 50 personnes en équivalent temps plein (ETP). Notre statut est celui d’une association, composée d’un conseil d’administration où l’on retrouve la famille et les amis. Depuis 2015, à cause du code des marchés publics, nous sommes assujettis aux impôts commerciaux, comme une entreprise traditionnelle (TVA, impôts sur les sociétés, taxe d’apprentissage, contribution sur la valeur ajoutée des entreprises, contribution économique territoriale, etc.). Nous avons lutté contre très longtemps, mais, hélas, sans résultat.

Efficience Emploi : la fameuse règle des 4 p ! (voir l’explication en fin d’article)

Sylvie Lavisse : exactement. Ce n’est pas très malin. Mais maintenant, nous devons faire avec et nous devons étudier la question avec mes avocats. Pendant des années, nous nous sommes interrogés sur le fait de changer de statut, finalement sans rien bouleverser.

Efficience Emploi : il n'est pas forcément plus onéreux pour une association de payer les impôts commerciaux plutôt que la taxe sur les salaires, même si une franchise de 20 000 euros a été instaurée en 2013 par Benoit Hamon, lorsqu’il était ministre de l’économie sociale et solidaire. La différence n’est pas si évidente, surtout lorsque l’on commence à avoir une masse salariale assez élevée.

Sylvie Lavisse : absolument, les dépenses en personnel de certains organismes de formation représentent 77% de leurs charges totales. C’est beaucoup trop. Nous nous sommes à 65/66%, ce qui est très bas pour le secteur.

Efficience Emploi, vous voulez dire que votre structure est bien gérée ?

Sylvie Lavisse : c’est une gestion prudente. On appelle cela, la gestion cacahuète. On ne dépense pas l’argent qui n’est pas à la banque.

Efficience Emploi : du bon sens et de la saine gestion !

Sylvie Lavisse : La preuve, nous sommes toujours vivants.

Efficience Emploi : une gestion d’épicier…

Sylvie Lavisse : oui, c’est cela. C’est une gestion de bon père de famille…

Efficience Emploi : Quelles sont les activités de FREE aujourd’hui ?

Sylvie Lavisse : nous avons un centre de bilans de compétences (CIBC), un centre d’élaboration de projet professionnel et de mise à l’emploi, un secteur formation bureautique, un secteur Français langue étrangère (FLE) et une grande expertise sur le portage de conventions et de mandatements de projets. En effet, depuis 1996, nous portons des conventions pour des groupements réunissant plusieurs organismes de formation autour d’un même projet. Cela permet de répondre plus aisément aux appels d’offre publics. Nous sommes peu à savoir le faire. Nous prenons, au passage, une marge de 6% pour couvrir nos frais de gestion, cela dépend des conventions. J’ai une très bonne équipe. Nous avons construit notre réputation sur notre rigueur administrative. Nous parvenons ainsi à payer rubis sur l’ongle nos partenaires. Nous dispensons aussi des formations qui apprennent aux salariés recevant du public difficile à avoir les comportements adaptés lorsqu’ils sont confrontés à des personnes agressives ou à des situations de violence.

Efficience Emploi : Quel est le secteur d’activité le plus important ?

Sylvie Lavisse : Le secteur le plus représenté est le FLE, environ 50%, et notre plus gros financeur, la région Ile-de-France. Il ne pas confondre nos différentes activités et nos produits. Chaque activité peut faire appel à un ou à plusieurs financeurs (produits). Nos clients sont, par exemple, les collectivités territoriales, les entreprises, dans le cadre du Congé individuel de formation, et des organismes publics, comme l’Office Français de l’Immigration et l’Intégration (OFII). Notre chiffre d’affaires atteint les 5 millions d’euros. Nous gérons la croissance de nos activités au mieux de nos intérêts, sans chercher résolument à monter plus haut.

Efficience Emploi : quelles sont les principales difficultés rencontrées ?

Sylvie Lavisse : les actions d’insertion dans le code des marchés publics. Je passe personnellement un temps fou dans les appels d’offre.

"Le code des marchés publics pour les actions d’insertion, c’est un désastre !"

Efficience Emploi : combien est payée l’heure de formation ?

Sylvie Lavisse : cela dépend du lieu et du moment. Pour les actions de mobilisation qui vise les jeunes les plus éloignés de l’emploi ou les moins qualifiés, nous sommes à 7 euros/heure/stagiaire. Pour remporter des marchés, certains organismes de formation ne se gênent pas pour casser les prix. Ainsi, en 2016, pour certains marchés, nous serons peut-être moins payés qu’en 2015. Un organisme de formation a été récemment jusqu’à proposer 2,61 euros/heure. On se moque du monde! Le code des marchés publics pour les actions d’insertion, c’est un désastre !

Efficience Emploi : pour ce public, le code des marchés publics n’est pas la meilleure solution ?

Sylvie Lavisse : pour les actions d’insertion, il faut un ancrage territorial ou local avec des acteurs qui apportent leurs spécificités. Notre souhait n'est pas de travailler essentiellement entre copains, mais de prendre compte les particularités du territoire si l’on veut être efficace.

Efficience Emploi : vous suggérez que l’on revienne aux stages d’insertion et aux versements de subventions, selon une convention d’objectifs et des moyens ?

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Sylvie Lavisse

Sylvie Lavisse : les conventions pluriannuelles prévues par le code des marchés publics sont un bon système. Cela nous permet de nous inscrire dans la durée, mais il faut être dedans. Je le redis. Je passe un temps démesuré dans les appels d’offre. Le problème numéro un, pour moi, c’est le code des marchés publics qui n’est pas adapté aux actions d’insertion.

Efficience Emploi : nous sommes d’accord. Le positionnement sur les marchés publics oblige les associations de formation et d’insertion à devenir des entreprises purement commerciales, aux dépens du social et des résultats qui pourraient être obtenus grâce à un autre cadre juridique. D’ailleurs, aucune loi n’empêche les donneurs d’ordre public à revenir au principe de la subvention, au-delà d’un certain montant alloué sur une période de 3 ans (législation européenne). Pour ce qui est de public lui-même dont vous vous occupez, quelles sont ses caractéristiques ?

Sylvie Lavisse : outre les problèmes de drogue, beaucoup de jeunes sont alcoolisés à outrance. L’alcoolisme juvénile est en recrudescence. Nous voyons aussi de plus en plus de problèmes de logement et de personnes non-francophones.

Efficience Emploi : est-ce le même constat dans toutes les villes d’Ile-de-France où FREE Compétences intervient ?

Sylvie Lavisse : oui, même si, selon les territoires, nous avons beaucoup de sortants de prison, des cas psychiatriques, des problèmes de logement ou dans le « dur du dur », ceux qui n’ont vraiment rien et qui relèvent de l'handicap social. Quoique l’on fasse, ceux-là restent toujours au même point. Nous ne réalisons aucun miracle ! Tous les publics que nous aidons ne sont pas dans la même situation! Sincèrement, je pense que le problème, ce n’est pas l’absence d’emploi. Du boulot, il y en a… J’entendais, l’autre jour, un président de chambre consulaire ou de métiers regretter qu’il ne trouve pas de candidats en nombre suffisant pour travailler et se former dans l’industrie. Il faut se poser, une fois de plus, la question de l’inadéquation de notre système initial de formation aux besoins de l’économie.

Efficience Emploi : sur notre site, nous abordons ce sujet à maintes reprises. Nous ne pouvons qu’adhérer à vous propos.

Sylvie Lavisse : à plusieurs endroits de l’Ile-de-France, nous avons un taux de chômage 2 à 3 points en dessous de la moyenne nationale, pourtant certaines entreprises ne parviennent pas à recruter. Il manque d’information et d’une articulation bénéfique entre l’Éducation Nationale et l’entreprise. Nous-mêmes, nous avons du mal à recruter nos collaborateurs. On tombe sur la tête ! Nous assistons à la paupérisation des formations comme les nôtres, il est, par conséquent, difficile de défendre des projets innovants pouvant aider des jeunes à s’en sortir, surtout si les coûts de l’offre de formation que nous proposons sont constamment revus à la baisse… Le tourisme industriel, par exemple, permet de montrer des métiers et de susciter des vocations. Hélas, cette initiative n’est pas rémunérée à sa juste valeur par nos financeurs.

Efficience Emploi : pour le public de plus de 25 ans, rencontrez-vous les mêmes problèmes ?

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Siège de Free Compétences à Evry

Sylvie Lavisse : nous retrouvons des problématiques similaires. Même si, j’observe que ce public est extrêmement déglingué, ce depuis le début de ma carrière. Là aussi, selon les territoires, le nombre de bénéficiaires des minima sociaux augmente plus ou moins vite, suivant les efforts effectués dans chaque département. Avec l’arrivée du RSA, Pôle Emploi s’occupe de ceux qui sont a priori en capacité de travailler ou qui ont déjà travaillé (RSA-activité) et nous, nous nous occupons de ceux qui relèvent du RSA-socle et qui sont de moins en moins nombreux en capacité de pouvoir le faire. En d’autres termes, les actions financées par le Conseil Départemental de l’Essonne sont vides ! Nous sommes conventionnés sur plusieurs territoires et nous ne voyons plus personne… C’est dramatique ! Pourtant, on prend beaucoup soin à rencontrer les partenaires. On les informe, on les invite, cela ne change rien. De plus, nous avons déposé des projets auprès de nos financeurs pour commencer en janvier 2016 et nous n’avons toujours pas la réponse des pouvoirs publics concernant ces marchés. A peine deux mois pour se retourner, c’est court !

Efficience Emploi : cette situation est assez déroutante. Pas de perspectives claires, le personnel n’est pas inquiet ?

Sylvie Lavisse : c’est mon boulot de m’inquiéter à sa place. C’est la responsabilité du chef d’entreprise.

Efficience Emploi : vous vous voyez encore longtemps à la tête de cette structure ?

Sylvie Lavisse : en 27 ans, je ne peux pas dire que j’exerce le même métier qu’à mes débuts. On départ, je faisais tout, après j’ai fait beaucoup de gestion et maintenant, je me dirige vers des aspects plus stratégiques, car je possède le staff en conséquence. D’une organisation familiale, je suis passée à un niveau beaucoup plus professionnel où je suis en mesure de pouvoir exiger de mon personnel, comme n’importe quel employeur. Un jour se posera le cas de ma succession et de l’évolution de la structure. Pour le moment, je ne sais pas encore.

Efficience Emploi : il faut savoir déléguer pour voir plus loin que les autres. Malheureusement, nous sommes souvent rattrapés par l’extérieur : avant même l’économie, par la politique et son administration.

Sylvie Lavisse : c’est juste. Il convient de savoir amortir les chocs et de savoir s’adapter à des multiples changements économiques, sociaux et politiques…

Efficience Emploi : comment se passe le partenariat local, avec les missions locales, par exemple ?

Sylvie Lavisse : cela est fonction des personnes. Certaines ont toujours la pêche, ont envie d’avancer, tandis que d’autres se reposent sur leurs lauriers, à l’image des structures qu’elles représentent. Quelques-unes commencent à vivre en autarcie. Elles ne nous envoient plus un seul jeune, comme si elles détenaient seules les « solutions ». Je m’interroge ?

Efficience Emploi : êtes-vous favorable au fait que les régions prennent l’ensemble des responsabilités publiques liées à la formation professionnelle ?

Sylvie Lavisse : avoir un financeur unique, je considère cela comme un problème. Je préfère avoir plusieurs financeurs, sauf quand il s’agit des fonds européens. Je ne travaille plus avec aucun PLIE. Les délais de paiement sont trop longs et il faut une trésorerie hors norme.

Efficience Emploi : en ce qui concerne la réforme de la formation professionnelle de mars 2014, notamment la réduction du nombre d’OPCA et l’instauration du CPF, qu’en pensez-vous ? Toutes les entreprises sont censées désormais former leurs salariés, qu’en est-il dans les faits ?

Sylvie Lavisse : les budgets formations des entreprises ont diminué. Ils ne représentent plus 1% de la masse salariale brute, au lieu 1,6 % auparavant. Bien que les actions de formation soient défiscalisées, les entreprises ont été habituées à financer de manière mécanique la formation sans se poser de question. La loi du 5 mars 2014 les contraint à former tous leurs salariés sur une périodicité de cinq ans, les conséquences ne sont déjà plus les mêmes. Le DIF (droit individuel à la formation) avait mis un certain temps avant d’atteindre sa vitesse de croisière. Sur le papier, les moyens du CPF sont plus importants, mais avant que tout le monde soit formé, de l’eau coulera sous les ponts… A mon avis, le CPF n'a pas d'avenir, nous verrons bien dans deux ans?

La vague pédagogique de ces prochaines années, me semble-t-il, aura pour nom les socles de connaissances et de compétences professionnelles, établis avec le concours des partenaires sociaux (organisations patronales et syndicats de salariés). Dans le cadre de la sécurisation des parcours, un effort particulier sera effectué auprès des salariés les plus vulnérables à l’instabilité professionnelle et au chômage. Ces socles de connaissances et de compétences ont pour but de former et de professionnaliser les salariés les moins qualifiés. Il s'agira, par exemple, d'apprendre à communiquer en français, de savoir compter et d'utiliser les règles usuelles de l’information et de la communication numérique. Cela consistera aussi à savoir travailler en équipe ou de façon autonome, à réaliser un objectif individuel, à maîtriser des gestes et des postures et à respecter des règles d’hygiène et de sécurité élémentaires. Bref, apprendre tout au long de sa vie pour éviter de préférence de se retrouver trop souvent au chômage! Un défi que nous sommes prêts à relever. La région Ile-de-France aura été précurseur sur ce point. Nous sommes, de plus, agréés, COPANEF (voir explication ci-dessous).

Propos recueillis et rédigés par Efficience Emploi le, 23 octobre 2015

 

Pour en savoir plus: www.free-competences.fr

 

Sigles :

Règles des 4 p (prix, public, produit, publicité). Celle-ci est utilisée par les services fiscaux pour vérifier si l’activité de l‘association se situe dans le champ concurrentiel. S’il est établi que son activité est en concurrence avec des entreprises privées, elle se retrouve assujettie aux impôts commerciaux (TVA, impôts sur les sociétés, taxe d’apprentissage, contribution économique territoriale, etc.).

FLE (français langue étrangère) formations qui s’adressent aux personnes non-francophones

PLIE (plan local pour l’insertion et l’emploi) structure pilotées par les élus locaux dont l'objet est l'accompagnement vers l'emploi des chômeurs de longue durée ou des bénéficiaires des minima sociaux. Ils permettant de lever des fonds structurels européens pouvant représenter la moitié des sommes dépensées. Les remboursements éventuels sont très longs (2 à 3 ans) et nécessitent de respecter des procédures très strictes.

CPF (compte personnel de formation). Il remplace le congé individuel de formation depuis le 1er janvier 2015. Il s’agit d’un droit universel d’évolution professionnelle attaché à la personne tout au long de la vie active jusqu’à la retraite.

Le compte personnel de formation est une nouvelle modalité d’accès à la formation créée par la loi relative à la formation professionnelle, à l’emploi et à la démocratie sociale. Il a pour ambition d’accroître le niveau de qualification de chacun et de sécuriser le parcours professionnel. Toutes les personnes engagées dans la vie active, indépendamment du statut :

  • les salariés du privé ;
  • les personnes sans emploi, inscrites ou non à Pôle emploi  ;
  • les jeunes sortis du système scolaire obligatoire, en recherche d’emploi.

Par dérogation, un compte personnel de formation est ouvert dès l’âge de quinze ans pour le jeune qui signe un contrat d’apprentissage.

 

OPCA (organismes paritaires collecteurs agréés) Les organismes paritaires collecteurs agréés sont des organismes chargés de collecter les fonds de la formation professionnelle continue et de financer la formation des salariés. Le décret n° 2014-1240 du 24 octobre 2014 suite à  la loi du 5 mars 2014 sur la formation professionnelle précise les nouvelles modalités de fonctionnement des OPCA notamment au titre des actions de professionnalisation, du plan de formation et du compte personnel de formation et précise la répartition de la contribution unique des entreprises. Il entre en vigueur au 1er janvier 2015)

 

COPANEF (La COPANEF ou comité interprofessionnel pour l’emploi et la formation, est une nouvelle instance paritaire qui remplace le comité paritaire national de la formation professionnelle. Le 16 avril 2014, la CGPME, la CGT, le MEDEF, l’UPA, la CFDT, la CFE-CGC, la CFTC et la CGT-FO, organisations syndicales et professionnelles, se sont réunies en vue d’un examen des initiatives nécessaires à la réussite de la réforme de la formation professionnelle en France et ont donné naissance à la COPANEF. Cette nouvelle structure est opérationnelle depuis le 19 mai 2014. Ce comité paritaire interprofessionnel pour l’emploi et la formation est chargé de différentes missions, qui sont les suivantes :

1/Définition des politiques paritaires dans le domaine de la formation et de l’emploi

2/Définition des politiques mises en œuvre par le FPSPP (Fond Paritaire de Sécurisation des Parcours Professionnels), qui assure en outre la coordination des politiques de formation et d’emploi

3/Élaboration des formations éligibles au compte personnel formation (CPF) et du suivi de l’évolution de la mise en œuvre du compte, aussi bien sur le plan qualitatif que quantitatif)